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Protection des enfants lors de conflits armés ou de catastrophes naturelles

Quand survient un conflit ou un désastre dans une région du monde, les images d'enfants abandonnés à eux-mêmes et les reportages que transmettent les médias ont de quoi émouvoir. Dans un geste humanitaire, on peut alors éprouver l'envie d'accueillir un de ces enfants. Toutefois, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et d'autres organisations internationales ont prévu des lignes directrices pour assurer protection et assistance aux enfants. Tout sera d'abord entrepris pour que les enfants demeurent dans leur pays et soient élevés dans leur culture d'origine. Les premiers efforts seront donc tournés vers les membres de la famille ou de la communauté, afin que l'enfant soit confié à l'un d'eux et faire en sorte qu'il demeurera sous la protection de cette personne.

Guerres et zones de conflit politique

En cas de guerre et dans les zones de conflit politique se retrouvent inévitablement des enfants sans proche famille et abandonnés à leur sort. Comme ils ne sont pas nécessairement des orphelins, les organismes internationaux emploient l'expression enfants non accompagnés pour les désigner. Il s'agit de filles et de garçons de moins de 18 ans séparés de leurs deux parents et qui ne sont pas pris en charge par un tuteur reconnu comme tel par la loi ou la coutume. Le terme d'orphelin doit être utilisé uniquement pour les enfants dont les décès du père et de la mère ont été déclarés ou constatés.

Les organisations internationales sur le terrain tenteront de prévenir les séparations et feront en sorte de réintégrer le plus rapidement possible les enfants dans leur famille. Elles veilleront à ce qu'ils reçoivent la protection et l'assistance dont ils ont besoin en fonction de leur âge, de leur sexe et de leurs antécédents et dans la recherche d'une solution durable pour l'enfant. Ainsi, en situation d'urgence, un enfant non accompagné n'est pas adoptable, à court terme du moins. Des efforts doivent d'abord être déployés pour retrouver les membres de sa famille. Il faut généralement que s'écoule une période suffisamment longue avant que soit envisagée l'adoption internationale. 

Le  Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés indique que l'adoption doit être écartée :

  1. S'il y a espoir de retrouver la famille et de la réunir pour le plus grand intérêt de l'enfant.
  2. Avant qu'une période raisonnable ne soit écoulée (au minimum deux ans à partir du début des recherches), période au cours de laquelle toutes les démarches visant à retrouver les parents ou tout membre de la famille sont effectuées.
  3. Lorsqu'elle va à l'encontre des désirs exprimés par l'enfant ou par les proches parents.
  4. Si le rapatriement volontaire vers le pays d'origine et dans des conditions de sécurité et de dignité optimales apparaît possible dans un avenir proche et répond mieux aux besoins psychosociaux et culturels de l'enfant que l'adoption à l'étranger.

Ce n'est que lorsque toutes ces mesures et précautions auront été prises que l'adoption internationale sera envisagée. En définitive, elle ne devrait concerner que quelques cas exceptionnels.

Ainsi, pour ce qui est de l'adoption d'un réfugié non accompagné, une analyse visant à déterminer si elle sert au mieux les intérêts de l'enfant sera effectuée et ses conclusions seront mises en œuvre dans le respect des lois en vigueur dans le pays d'origine de l'enfant et du droit international.

Catastrophes naturelles

En cas de catastrophes naturelles, la communauté internationale s'entend pour déconseiller le déplacement, même temporaire, des enfants vers d'autres pays, qu'ils soient limitrophes ou éloignés. En effet, l'évacuation des enfants ou leur placement temporaire dans des familles à l'étranger sont traumatisants pour ceux-ci. Il s'agit d'un bouleversement qui s'ajoute aux traumatismes que subit déjà l'enfant.

En phase d'urgence, les efforts des autorités du pays touché, des organisations internationales et des organisations non gouvernementales doivent porter sur l'apport d'une protection minimum à l'enfant (hébergement, nourriture, soins médicaux, attention affective et psychologique, éducation) le plus près possible de son milieu de vie habituel et en le regroupant avec d'autres enfants ou d'adultes qu'il connaît bien.Des efforts doivent aussi être déployés pour que l'enfant retrouve le plus rapidement possible un des membres de sa famille (parents ou famille élargie), afin qu'il puisse rester avec cette personne ou cette famille.

 Effets sur l'adoption internationale

En général, lorsque survient un conflit dans une région du monde ou qu'une catastrophe naturelle dévaste des territoires, le traitement des dossiers d'adoption dans les régions visées est temporairement suspendu ou peut être ralenti. Tout dépend des circonstances. Il arrive que les autorités gouvernementales décident de suspendre temporairement le traitement des dossiers d'adoption internationale. En général, les États s'échangent de l'information afin de renseigner au mieux les adoptants qui ont déposé une demande dans le pays visé.

Dans les situations d'urgence ou dans la confusion marquant les conflits, les enfants séparés de leur famille doivent donc d'abord être pris en charge de façon provisoire, en attendant de retrouver leur famille ou d'être placés dans des familles d'accueil ou, encore, jusqu'à ce qu'une autre modalité de prise en charge permanente soit trouvée. Chaque cas doit faire l'objet d'un contrôle adéquat par des personnes dont l'autorité est reconnue.




Dernière mise à jour de cette page :
2011/01/02
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